Tapas à Madrid : comment faire la tournée des bars sans tomber dans le piège du centre

Gastronomie

Tapas à Madrid : comment faire la tournée des bars sans tomber dans le piège du centre

Où faire les tapas à Madrid selon l'heure et le quartier, quoi commander dans chaque endroit et quelles zones éviter. Avec horaires et prix réels.

Equipo Fee4MeEspagne1 févr. 202611 min de lecture

À Madrid, on fait les tapas de deux façons : celle que l'on trouve dans les guides et celle que pratiquent les gens qui vivent ici. La première coûte trois fois plus cher et se déroule Plaza Mayor. La seconde commence à deux heures de l'après-midi au comptoir d'un bar de Lavapiés, et n'apparaît dans aucun classement.

Cet article parle de la seconde. Ce n'est pas une liste des dix meilleurs bars — ces listes changent chaque année et sont presque toujours rédigées par quelqu'un qui n'a passé que trois jours ici. C'est la façon dont fonctionne la culture des tapas à Madrid : à quelle heure, dans quel quartier, quoi commander selon les endroits et quelles zones mieux vaut éviter.

4-6 barsUN ITINÉRAIRE IDÉAL
19:30LA MEILLEURE HEURE
La LatinaLE QUARTIER DES TAPAS
3-5 €BIÈRE AVEC TAPA

1. Madrid n'est pas Granada : ici, les tapas se paient

Commençons par ce qui déçoit le plus ceux qui arrivent avec de fausses attentes.

À Madrid, les tapas ne sont pas gratuites. À Granada, on vous sert une tapa avec chaque consommation ; à León aussi ; à Almería, dans bien des endroits. À Madrid, non. Il existe des exceptions — quelques bars de Lavapiés et de Malasaña maintiennent la tradition — mais ce sont précisément des exceptions.

Ce que l'on trouve en revanche, c'est autre chose, et sans doute mieux : Madrid est la ville où la variété de tapas est la plus grande d'Espagne. Elle n'a pas une tradition propre aussi marquée que Séville ou Saint-Sébastien ; elle les a toutes. Ici coexistent la taverne castillane aux tripes et au vermouth, le bar à pintxos basques, l'asturien à la cidre, le galicien à la pieuvre et le bar moderne aux croquettes de chef. C'est le résultat d'un siècle de gens venus de partout pour ouvrir leur bar.

La conséquence pratique : n'allez pas chercher 'la tapa madrilène'. Cherchez le bar qui fait bien ce qu'il fait.

2. L'heure compte plus que l'endroit

C'est ce qui distingue celui qui sait faire les tapas de celui qui ne sait pas.

Tranche horaireCe qui se passe
13:00–14:00Vermouth. Comptoirs tranquilles, habitants du quartierTavernes classiques
14:00–16:00Déjeuner. Menu du jour, comptoirs bondésBars de quartier
16:00–19:30Beaucoup de cuisines ferment
19:30–21:00La bonne tranche. Comptoirs animés, on peut encore trouver de la placePartout
21:00–23:00Dîner. Complet absoluPartout

Le vermouth de midi est une institution, surtout le samedi et le dimanche. Vermouth à la pression, quelques conserves, des anchois marinés, debout au comptoir. Ce n'est pas un apéritif avant de manger : beaucoup de gens le font à la place du repas.

Entre 16h00 et 19h30, beaucoup de cuisines ferment. Si vous arrivez à contretemps, optez pour les bars à tapas, dont le comptoir reste généralement ouvert. C'est l'erreur classique du visiteur : se pointer à cinq heures de l'après-midi en cherchant à manger et trouver tout fermé.

Vermouth à la pression, conserves et anchois marinés : la liturgie du midi madrilène
Vermouth à la pression, conserves et anchois marinés : la liturgie du midi madrilène — Raúl Mermans García / Unsplash

"À Madrid, on fait les tapas de deux façons : celle que l'on trouve dans les guides et celle que pratiquent les gens qui vivent ici."

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3. Quartier par quartier : à quoi s'attendre

La Latina. C'est le circuit classique, et pour cause : la Cava Baja concentre plus de comptoirs au mètre carré que n'importe quelle autre rue d'Espagne. Le parcours typique comprend quatre à six bars en deux ou trois heures, en commençant vers vingt heures. Attention : le dimanche, avec le Rastro, c'est impraticable dès le midi.

Lavapiés. Le quartier le plus cosmopolite de Madrid, et là où subsistent encore quelques bars qui servent une tapa avec la bière. C'est aussi là où l'on mange le plus de cuisines du monde : indienne, sénégalaise, marocaine. Moins carte postale, plus ville réelle.

Malasaña. La version moderne : bières artisanales, croquettes de chef, cuisine fusion. Idéal si l'ambiance traditionnelle vous lasse, mais les prix sont élevés.

Chueca. Design, tavernes historiques reconverties, nombreuses terrasses. Bonne ambiance, prix de centre-ville.

Les quartiers que personne ne recommande et où mange la vraie population : Chamberí, Argüelles, La Guindalera. Des bars sans touristes, des prix honnêtes, la cuisine de tous les jours. Si vous restez plus d'un week-end, c'est là que l'on apprend vraiment.

La Cava Baja, dans La Latina : la rue avec le plus de comptoirs au mètre carré d'Espagne
La Cava Baja, dans La Latina : la rue avec le plus de comptoirs au mètre carré d'Espagne — Alex Vasey / Unsplash

4. Ce qu'il faut commander, et où

Pas un classement : quoi commander selon le type d'établissement.

Dans une taverne castillane (comptoir en zinc, carrelages, jarres en terre cuite)

  • Vermouth à la pression. S'ils le servent à la pression, c'est leur signature
  • Anchois marinés au vinaigre, conserves (moules, coques, anchois à l'huile)
  • Callos a la madrileña. Le plat emblématique de Madrid, et ce n'est pas pour tout le monde : des abats en sauce épaisse
  • Cecina, morue à l'huile

Dans un bar à bocadillos

  • Bocadillo de calamares. La tapa la plus madrilène qui soit et la plus déconcertante : des calamars frits dans un pain, sans rien d'autre. Ça fonctionne. Le temple incontesté est le Bar El Brillante, près d'Atocha : ils le servent depuis des décennies et pour beaucoup c'est le meilleur de Madrid.

Partout

  • Tortilla de patata. L'éternel débat : avec ou sans oignon. À Madrid, presque toujours avec
  • Croquetas. Le thermomètre d'un bar. Si la croquette est bonne, tout le reste le sera aussi
  • Patatas bravas. Attention : la vraie sauce brava est piquante, ce n'est pas du ketchup mélangé à de la mayonnaise

Pour boire : une caña (petite bière, toujours ; la pinte se réchauffe), du vermouth à midi, du vin de la maison. Dans une taverne classique, commander un gin-tonic, c'est gâcher son voyage.

5. Les centenaires : lesquels méritent la queue

Madrid compte une bonne douzaine de bars qui existent depuis plus de cent ans. Tous n'en valent pas la peine ; ceux-ci, si.

Casa Labra (Tetuán, 12 · près de Sol). Ouverte depuis 1860, et là où le PSOE fut fondé en 1879. On vient pour la morue en beignets et les croquettes de morue, que l'on commande à un comptoir à côté du bar. À noter : le service restaurant est fermé, seul le bar à tapas fonctionne. Ouvert tous les jours de l'année sauf le 1er janvier.

Bodegas Ricla (Cuchilleros, 6). De 1867, en face de Botín. Minuscule — pas de tables, on reste debout — et familial. Vin servi directement à la jarre, vermouth à la pression, anchois marinés, tripes, cabrales à la cidre. Pendant la Guerre Civile, sa cave servit d'abri anti-bombes. Fermé le mardi.

La Ardosa (Colón, 13 · Malasaña). La tranche de tortilla y est incontournable, et la bière est bien tirée. C'est toujours plein et il y a toujours de la place pour un de plus.

Taberna de Ángel Sierra (plaza de Chueca). De 1917, avec son comptoir en bois sculpté et son étain d'origine.

Un avertissement : les horaires des centenaires changent et certains ferment des jours isolés. Vérifiez avant d'y aller. Bodegas Ricla ferme le mardi ; beaucoup ferment en août.

L'intérieur d'un bar centenaire à Madrid : tabourets, bouteilles et atmosphère d'un autre siècle
L'intérieur d'un bar centenaire à Madrid : tabourets, bouteilles et atmosphère d'un autre siècle — Maria Voss / Unsplash

6. Ce qu'il vaut mieux éviter

C'est là que la plupart des articles sur les tapas à Madrid vous laissent en plan.

Le Mercado de San Miguel. Magnifique, et un piège. C'est un marché gastronomique pour touristes : petites portions à prix de restaurant, impossible de s'asseoir, et rien de ce qui y est servi n'est meilleur que le bar du coin. Il n'est utile que pour une chose : goûter beaucoup de choses différentes en une heure si vous manquez de temps. Pour faire les tapas vraiment, non.

Les terrasses de la Plaza Mayor. Vous payez la vue sur la place. Les bravas coûtent trois fois plus cher et ne sont pas meilleures.

Tout bar avec des photos de la nourriture à l'entrée. Règle universelle, et dans le centre de Madrid elle est infaillible.

Les circuits de tapas organisés à 60 euros. Sauf si vous cherchez de la compagnie, vous faites le même parcours avec cet article pour un tiers du prix.

Les bars de la Cava Baja un samedi à neuf heures du soir. Ce n'est pas qu'ils soient mauvais : c'est que vous n'entrerez pas. Allez-y en semaine, ou à sept heures.

7. Comment construire un itinéraire qui fonctionne

Pas besoin d'un plan élaboré, mais il faut du discernement :

  • Trois ou quatre bars, pas dix. Une tapa et une bière dans chacun. L'erreur du débutant est de s'asseoir dans le premier et de commander un repas complet : ce n'est plus faire les tapas, c'est dîner.
  • Debout, au comptoir. S'asseoir à une table coûte généralement plus cher et brise le rythme.
  • Commencez vers 19h30-20h00. À 21h00, tout est plein.
  • En semaine plutôt qu'en week-end. Les mêmes bars, deux fois moins de monde.
  • Suivez les locaux, pas les avis en ligne. Un bar plein de gens qui parlent espagnol à huit heures du soir vaut mieux que quatre étoiles et demie sur Google.

Un itinéraire qui fonctionne, du plus calme au plus animé : vous commencez à Casa Labra pour la morue (Sol) → vous descendez à Bodegas Ricla pour le vermouth et les anchois (Cuchilleros) → vous continuez sur la Cava Baja pour deux ou trois bars → vous finissez où l'envie vous mène. De bout en bout, quinze minutes à pied.

8. Si vous tombez sur ces événements

Tapapiés (Lavapiés, mi-octobre — en 2026, du 15 au 25). Le festival de tapas et de musique du quartier : plus de vingt bars, une tapa à prix populaire, de la musique dans la rue. Ce n'est pas un circuit de tapas ordinaire : c'est la culture des tapas avec des concerts et une vraie atmosphère de quartier.

Journée mondiale de la Tapa (troisième jeudi de juin). À Lavapiés, elle se célèbre avec la croquette comme vedette : plus de vingt bars proposent leur version à prix spécial.

9. Informations pratiques

Combien ça coûte. Une bière avec tapa, entre 3 et 5 euros dans un bar de quartier ; dans le centre touristique, le double. Un circuit de quatre bars avec tapa et boisson revient à 25-35 euros par personne.

Comment payer. Presque tous acceptent la carte, mais les petits centenaires parfois non. Ayez du liquide sur vous.

Comment commander. Au comptoir, à voix haute et sans timidité. Il n'y a ni file d'attente ni système de tour ; le barman garde mentalement la trace de qui est arrivé en premier. Attendre poliment d'être remarqué est la meilleure façon de ne jamais être servi.

Le pourboire. Il n'est pas obligatoire et personne ne l'attend au comptoir. Arrondir à la hausse, tout au plus.

Août. La moitié de la ville ferme. Les centenaires aussi. Vérifiez avant.

Où se loger à Madrid

Pour faire les tapas, l'emplacement compte : si vous dormez dans le centre, La Latina et Lavapiés sont accessibles à pied et vous n'avez pas à dépendre du métro au retour. Chez Fee4Me, nous gérons des hébergements à Madrid pensés pour que le séjour fonctionne dès la première minute : cuisine équipée, espace généreux et communication directe tout au long de votre voyage.

Non. Contrairement à Granada ou León, à Madrid les tapas se paient. Il existe quelques exceptions à Lavapiés et Malasaña, mais ce n'est pas la règle. Ce que Madrid offre, c'est la variété : taverne castillane, bar à pintxos basques, bar asturien et bar de chef moderne coexistent dans la même ville.

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